La Gilbern Genie est un coupé 2+2 sportif produit par le petit constructeur gallois Gilbern Sports Cars Ltd entre 1966 et 1969, à 197 exemplaires seulement, ce qui en fait aujourd’hui une voiture très rare.
Gilbern est la contraction de Giles Smith, boucher gallois passionné d’auto, et Bernard Friese, ingénieur allemand spécialiste de la fibre de verre, ancien prisonnier de guerre resté en Grande‑Bretagne après 1945.
Ils commencent à construire des voitures dans l’arrière‑boutique de la boucherie puis s’installent à Llantwit Fardre, au Pays de Galles, devenant de fait le seul véritable constructeur automobile gallois de série.
Leur première production est la Gilbern GT (1959/61–1967), petit coupé en châssis tubulaire acier et carrosserie polyester, souvent vendu en kit, motorisé par des mécaniques BMC (A‑Series, Coventry Climax, puis B‑Series MGA/MGB)
Devant le succès limité mais réel de la GT (environ 200 exemplaires), Gilbern présente au London Motor Show 1966 un modèle plus ambitieux et plus puissant : la Genie. L’idée est de monter en gamme : meilleure finition, performances en hausse, silhouette plus moderne, tout en gardant la recette châssis acier + carrosserie en fibre.
La Genie reprend un châssis tubulaire acier type semi‑spaceframe, sur lequel la coque polyester est collée et rivetée, toujours dans l’esprit « component car » que le client peut acheter montée ou à assembler pour contourner la purchase tax britannique.
La production de la Genie démarre en 1967 et s’achève en 1969, avec un total de 197 exemplaires construits. En 1968‑1969 apparaît sa remplaçante, la Gilbern Invader, dérivée assez directement de la Genie mais modernisée (châssis revu, toujours V6 Ford Essex, puis 3,0 l Capri, et versions Estate break de chasse).
Genie et Invader constituent le cœur de la production Gilbern : au total, environ 197 Genie et un peu plus de 600 Invader sortent de l’atelier avant la fermeture en 1973–1974, la crise pétrolière et le manque de capitaux ayant raison de la petite marque.
La Gilbern Genie est intéressante à plusieurs titres : C’est l’une des très rares GT « de série » produites au Pays de Galles, par un constructeur resté unique dans l’histoire locale.
Elle illustre le modèle économique des « component cars » britanniques des années 60 : châssis‑coque en composite, organes achetés chez les grands constructeurs (MG, Austin‑Healey, Ford) pour contenir les coûts et faciliter l’entretien.
Elle préfigure la tendance des GT 2+2 en fibre de verre à V6 Ford (on pense à la Reliant Scimitar), mais avec une diffusion beaucoup plus confidentielle.





































