La Toyota Sports 800 fut la toute première voiture de sport de série produite par la marque japonaise. Le projet débuta en 1962 lorsque Toyota présenta un véhicule conceptuel baptisé Publica Sports. Il fut exposé pour la première fois au Salon de l’automobile de Tokyo 1962, avec un toit à verrière coulissante et un design compact et aérodynamique.
Ce concept-car, nommé « Publica Sports », fut dessiné par Shozo Sato, célèbre designer industriel japonais, et par l’ingénieur Toyota Tatsuo Hasegawa — un ancien concepteur d’avions militaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Le prototype Publica Sports suscita un vif intérêt, incitant Toyota à en développer une version de série. Une différence notable par rapport au concept initial concernait le toit et les portières : la Publica Sports possédait une verrière coulissante de type avion de chasse — probablement inspirée par l’expérience aéronautique de Hasegawa pendant la guerre —, tandis que la version de série adoptait deux portes classiques et un toit targa amovible, l’un des premiers du genre.
Ingénieusement conçue, la Sports 800 présentait une carrosserie légère comportant de nombreux panneaux en alliage, deux places, un toit targa amovible, une tenue de route vive, une excellente économie de carburant et une vitesse de pointe de 151 km/h. Elle remporta même plusieurs victoires en compétition au Japon dans les années 1960.
La production à grande échelle de la Sports 800 démarra en avril 1965, les premières livraisons ayant lieu dès le mois de mai. Le modèle de série conserva la plupart des lignes et du style du concept-car, avec une silhouette basse, effilée et aérodynamique.
En 1966, deux Sports 800 prirent part à la course d’endurance des 500 km de Suzuka ; l’une d’elles remporta la catégorie consacrée à la consommation de carburant.
L’année suivante, lors des 24 Heures de Fuji 1967, Toyota impressionna le monde avec un triplé historique : deux 2000GT aux deux premières places, suivies d’une Sports 800 à la troisième.
Fait intéressant, presque toutes les Sports 800 produites étaient en conduite à droite pour le marché japonais. On estime qu’environ 300 exemplaires furent fabriqués en conduite à gauche pour l’île d’Okinawa, où la présence de bases américaines créait une préférence pour ce type de configuration. Quarante de ces voitures furent exportées aux États-Unis pour être évaluées par les concessionnaires Toyota américains. Jugée trop petite pour les routes américaines et peu adaptée au marché local, elle ne fut finalement pas commercialisée. Toyota laissa néanmoins les 40 exemplaires sur place. Peu de temps après, en 1967, la Toyota 2000GT fut présentée : son design, clairement influencé par la Sports 800, fut cette fois destiné au marché américain.
Le moteur flat-twin (bicylindre à plat) utilisé dans la Sports 800 fut largement délaissé par Toyota après l’arrêt de la production en octobre 1969, jusqu’à la présentation de la Toyota GT86 en 2013, équipée cette fois d’un moteur flat-four (quatre cylindres à plat) co-développé avec Subaru.
En regardant aujourd’hui l’incroyable lignée de voitures de sport Toyota, il est remarquable de se souvenir que la toute première d’entre elles était une petite voiture aussi singulière. On estime qu’environ 10 % des exemplaires produits ont survécu, presque tous conservés au Japon, à de rares exceptions près.











































