À la fin des années 60, Mercedes doit remplacer la célèbre 230/250/280 SL (W113), dite « Pagode ». Le défi est immense : le design de Paul Bracq était un chef-d’œuvre, mais la voiture devenait techniquement dépassée face aux nouvelles normes de sécurité américaines.
Le designer Friedrich Geiger conçoit alors la R107. Elle rompt avec la finesse de la Pagode pour adopter un style plus massif, horizontal et « sécuritaire ». C’est l’époque du « pessimisme sécuritaire » : Mercedes intègre des zones de déformation, un réservoir placé au-dessus de l’essieu arrière et des montants de pare-brise renforcés capables de supporter le poids de l’auto en cas de retournement.
Le roadster R107 est lancé en avril 1971. Curieusement, la 450 SL n’existe pas encore officiellement en Europe :
- En Europe : On lance la 350 SL avec un V8 de 3,5L (200 ch).
- Aux USA : Pour compenser la perte de puissance due aux normes antipollution strictes, Mercedes installe d’emblée le gros V8 de 4,5L. Cependant, pour ne pas froisser les clients européens, elle est badgée « 350 SL 4.5 » en 1972.
C’est en 1973 que l’appellation 450 SL devient mondiale. Elle devient rapidement la coqueluche des stars de Hollywood et des hommes d’affaires.
La voiture est motorisée par le moteur M117. Ce V8 de 4 520 cm3 développe initialement 225 ch en Europe. C’est un moteur réputé « indestructible », privilégiant le couple et la souplesse plutôt que la vitesse pure. Contrairement à la 350 SL qui pouvait avoir une boîte manuelle, la 450 SL est presque exclusivement livrée avec une boîte automatique à 3 rapports, renforçant son image de croiseur d’autoroute.
La 450 SL est indissociable de l’image de la réussite des années 70. Elle apparaît dans d’innombrables films et séries, la plus célèbre étant Dallas, où Bobby Ewing conduit une version 450 SL (puis 380 SL) rouge. Aux États-Unis, elle se reconnaît à ses pare-chocs proéminents (surnommés « bench bumpers ») et ses quatre phares ronds, imposés par la législation locale.
La Mercdes-Benz 450 SL a été produite à 66 298 exemplaires (Coupé et cabriolet) , dont une immense majorité exportée aux USA. Le cabriolet était de loin le plus populaire des deux, dépassant les ventes du coupé de plus du double, avant que la production ne cesse en 1980.
Comptez de 20 à 35 000 €.































