La Lancia Flaminia, une berline brillante à la mécanique sophistiquée, a terminée en 1968 une carrière débutée en 1957. Sa production n’a pas été importante mais elle représente un jalon important dans l’histoire Lancia et une étape dans l’histoire du style italien. Pendant des années, elle a maintenu très haut la réputation de la marque.
La Marica est la dernière réalisation d’un carrossier sur base Flaminia. Elle est réalisée avec le châssis 826.138.001.168, le tout dernier de la série. Moteur V6 de 2775 cc développant 130 ch. Empattement 2 520 mm. Boite 4 vitesses.

L’une des cinq Flaminia de la série, toutes construites par des carrossiers italiens, était un coupé dessiné par Tom Tjaarda et construit par Ghia, appelé « Marica » (d’après le nom mythologique d’une nymphe romaine), qui est apparu au 51e Salon de l’automobile de Turin le 29 octobre. Il s’agit d’un exemplaire unique qui a vu le jour à l’automne 1969, alors que la production de la  » Flaminia  » était effectivement arrêtée.

La voiture a été construite à partir du châssis numéro 1168 (empattement 252 cm), le dernier de la série marquée par le code 826.138 qui identifie, à deux exceptions près (la  » Speciale  » de Pininfarina de 1963 et la  » Marica « ), la Lancia Flaminia 3C 2800 GT carrossée par Touring, qui avait probablement quitté l’usine un peu plus tôt. Il semble d’ailleurs que la Lancia Flaminia Marica ait été construite à la demande expresse d’Alejandro De Tomaso, qui venait de reprendre Ghia, afin d’attirer l’attention sur Lancia, qui était en grande difficulté financière et cherchait un repreneur.

La voiture, classique et délibérément dépourvue d’excès stylistiques, présente une calandre de style Lancia, un pare-brise et une lunette arrière fortement inclinés, un intérieur spacieux et raffiné, un tableau de bord en racine de noyer avec les principaux instruments placés au centre des sièges avant, des vitres électriques et des jantes au dessin exclusif, moulées sous pression en alliage léger, ainsi qu’un arrière tronqué aux angles supérieurs relevés, clairement inspiré du modèle « Fulvia Coupé ».

La voiture est motorisée par un V6 de 2 775 cc développant 150 ch. Le design « Marica » a été réutilisé, avec quelques modifications, pour la De Tomaso Longchamp 1973 et la Maserati Kyalami 1976.

C’est au Salon de Turin d’octobre 1969 que la Lancia Marica apparait au public et à la Presse. Les premiers dessins de Tom Tjaarda présentaient la Marica en cabriolet, un projet qui aura été vite changé en coupé pour des questions de rigidité fonctionnelle.
Sa ligne anguleuse et équilibrée annonce bien des modèles des années 70. Dans un profil plus aiguisé, ces proportions rappellent celles de la Flaminia Spéciale Pininfarina de 1963, un concept car déjà dessinée par Tom Tjaarda.

Il s’agit d’une donc d’une voiture sans excès de style mais faisant déjà figure de classique. Comme la plupart des Lancia de l’époque on retrouve de larges parties vitrés avec un pare-brise et une lunette arrière très inclinés

La calandre est caractéristique de la marque, tout en comportant des prises d’air à ses extrémités qui repoussent les phares vers le centre
Mais la reprise de Lancia par Ford, (un projet qui aurait propulsé De Tomaso à la tête de l’entreprise italienne) ne se fera pas. Avant la fin de cette année 1969, c’est le groupe Fiat qui devient le repreneur de son voisin turinois. Il ne sera plus question de la commercialisation éventuelle des prototypes Fulvia Competizione et Marica.

La Marica ne deviendra donc pas une Lancia mais son style influencera la carrosserie de la De Tomaso Longchamp de 1972 signée Ghia et de la Maserati Kyalami de 1976 au dessin réactualisé par Pietro Frua.

Restée exemplaire unique, la voiture fait aujourd’hui partie de la collection Corrado Lopresto.