Lors du Salon de Genève 1967, la Carrozzeria Bertone dévoila l’une de ses créations les plus sensationnelles : la Marzal. Ce concept-car spectaculaire était perçu comme une approche novatrice de la Lamborghini à quatre places… et il s’avéra être un précurseur de l’Espada, une véritable quatre places et une supercar emblématique des années 1960..Baptisée d’après le sabre d’un matador, l’Espada reprenait les lignes de la Marzal, prototype avorté à moteur arrière six cylindres, mais abritait à l’avant son V12 de 4 litres à quatre arbres à cames en tête. Ce dernier, inauguré sur la 400GT et également utilisé sur l’Islero contemporaine, développait 325 ch, une puissance suffisante pour propulser ce coupé au style Bertone si particulier à 240 km/h.
Elle reprenait les éléments mécaniques de l’Islero, mais les intégrait à un châssis semi-monocoque de type plateforme, contrairement au châssis tubulaire de la Marzal. Lancée en janvier 1970, la Série II offrait 25 ch supplémentaires, une vitesse de pointe de 250 km/h, un tableau de bord repensé et la direction assistée en option. Le tableau de bord fut à nouveau revu fin 1972 pour la Série III, qui intégrait également la direction assistée de série, des freins améliorés, de légères améliorations de la suspension et une calandre redessinée. La production de l’Espada cessa en 1978 après la construction de 1 217 exemplaires de cet imposant coupé, dont seulement 186 de la Série I. Aujourd’hui encore, rares sont les voitures qui peuvent rivaliser avec la présence imposante de l’Espada sur la route.
Construite selon les spécifications européennes à Sant’Agata Bolognese et livrée neuve en France, cette Espada Série I est accompagnée d’un important dossier de factures remontant à 1998. Plus de 108 000 € de travaux ont été réalisés sur le véhicule depuis 1998, notamment la révision complète du moteur, de la boîte de vitesses et de l’embrayage effectuée par P3 Automobiles de Cannes en 2009 pour un montant de 30 500 €, ainsi que l’entretien assuré par les spécialistes Lamborghini Michel Mercier Automobiles à Paris et Automobili Lamborghini. En 2016, la voiture a été repeinte dans sa livrée Bianco (blanche) d’origine par la Carrosserie Martin à Paris, et un traitement céramique a été appliqué sur la peinture en 2017. Un rapport d’évaluation établi en 2017 par Cerede Bonoron Expertises décrit le véhicule comme étant « dans un état très satisfaisant, tant sur le plan mécanique que pour la carrosserie et la sellerie ». Parmi les autres travaux récents, on note la rénovation des moquettes, y compris celles du coffre. Les seules modifications apportées au modèle standard sont l’installation de la climatisation et d’un disjoncteur à clé pour une sécurité accrue.
Cette auto (Châssis 7189) est l’une des 186 seules voitures de la série I et a été adjugée 268 200 € en 2017 à Paris.






















