Georges Irat avait déjà acquis l’usine Majola de Saint-Denis lorsqu’il lança la première voiture portant son nom en 1921. Fabriquée par Automobiles Georges Irat SA à Chatou, en Seine-et-Oise, il s’agissait d’une voiture de tourisme rapide propulsée par un moteur à quatre cylindres de 2,0 litres à soupapes en tête conçu par Maurice Gaultier, ancien de Delage. Fait inhabituel, Irat fabriqua la voiture entière, à l’exception des carrosseries, commercialisant ses produits sous le nom de « La Voiture de l’Elite ». Bien qu’à petite échelle, la production augmenta régulièrement tout au long des années 1920, culminant à environ 200 voitures par an, puis en 1928, Irat lança un modèle à six cylindres de 3,0 litres basé sur le quatre existant.

Le début des années 1930 fut une période difficile pour les constructeurs automobiles du monde entier, et les ventes décevantes de ses modèles plus grands et de la voiture légère conduisirent Georges Irat au bord de l’effondrement. Sauvé par le motoriste Godefroy et Lévecque, qui cherchait un débouché pour ses moteurs « Ruby », Irat présenta une petite voiture de sport propulsée par l’un de ses produits. D’une cylindrée de 6 CV, la nouvelle deux places était équipée d’un moteur Ruby à quatre cylindres refroidi par eau de 1 078 cm3 entraînant les roues avant. D’apparence sportive, le roadster 6 CV s’avéra populaire et se vendit en nombre relativement important, selon les standards de Georges Irat, environ 1 500 exemplaires trouvant des clients entre 1935 et 1939.

Après la Seconde Guerre mondiale, les travaux de conception d’une nouvelle voiture commencèrent, qui fut dévoilée au Salon de Paris de 1946. Fait inhabituel, ce prototype était doté d’un châssis et d’une carrosserie en magnésium et était propulsé par un moteur à quatre cylindres à plat de 1 100 cm3. Une évolution de ce premier prototype fut présentée en 1947, puis en 1949 un dernier prototype, la voiture proposée ici, fut dévoilé au Grand Palais pour le Salon de Paris 1949. Malheureusement, le dernier effort de Georges Irat ne fut jamais mis en production et cet échec marqua la fin de la carrière de Georges Irat en tant que constructeur automobile.

Découverte à l’usine Georges Irat de Bègles, la carrosserie, réalisée par le célèbre carrossier parisien Labourdette, est tout ce qui restait de cette voiture historique et unique.

Telle qu’elle est exposée aujourd’hui, la remarquable création de Labourdette repose sur un châssis Simca de 1939 et est équipée d’un moteur Simca de 1 100 cc, ce qui permet à la voiture d’être conduite et exposée lors de manifestations automobiles historiques. On notera notamment le phare cyclope caractéristique et le pare-brise Vutotal sans cadre, conçu par Joseph Vigroux de Labourdette. La documentation d’accompagnement comprend des photos en noir et blanc et un DVD (montrant un mannequin Vogue de 1950 posant à côté de la voiture), des articles de magazines et des papiers d’immatriculation belges actuels (avec date de 1ère immatriculation 1939).

Cette auto unique (Châssis 816742) a été adjugée 73 300 € en avril 2021. à Monaco.