La Bizzarrini GT Strada 5300  » Targa  » de 1967 appartient à la toute dernière phase de la courte histoire de Bizzarrini. Le modèle de base, la 5300 GT née de la rupture avec Iso, avait déjà fait ses débuts au Salon de Turin 1965, et la variante Targa n’est pas un dérivé anecdotique : la documentation de la marque indique qu’après un premier prototype ouvert très pur, deux autres exemplaires furent construits avec une arceau central de type Targa.

Sur le plan industriel, la voiture s’inscrit dans la production très limitée de la 5300 GT, fabriquée entre 1964 et 1969 à environ 133 exemplaires selon la marque, avec des carrosseries aluminium et fibre selon les séries. La version Targa de 1967 est donc une rareté dans la rareté, issue d’un programme où Bizzarrini laissait souvent les clients choisir des combinaisons très libres de composants, ce qui explique la variété des carrosseries et des finitions.

L’exemplaire présenté ici est un one-off à carrosserie aluminium, fini dans un violet métallisé extravagant avec intérieur cuir cognac, jantes Borrani, V8 Chevrolet 327 ci de 365 ch alimenté par quatre carburateurs Weber, boîte manuelle à quatre rapports, freins à disque aux quatre roues et essieu arrière De Dion. Cette fiche technique est parfaitement cohérente avec l’approche de Giotto Bizzarrini : une base de compétition, une mécanique américaine simple et robuste, et une recherche d’efficacité avant tout.

Ce qui rend cette voiture intéressante, ce n’est pas seulement sa couleur ou son état restauré, mais le fait qu’elle condense plusieurs idées du projet Bizzarrini à la fin des années 1960 : une GT radicale, une exécution artisanale, une liberté de configuration presque totale et un refus des compromis de confort au profit du tempérament. Dans l’univers des 5300 GT, la Targa de 1967 n’est donc pas un caprice de salon ; c’est un témoin très clair de la manière dont la marque savait prolonger son concept jusqu’à l’extrême.