À la fin des années 1940, le miracle économique allemand reste à venir et personne ne demande du luxe à une automobile. La Volkswagen doit être fiable, sobre et abordable. Le Type 11 Standard pousse cette logique jusqu’au bout : en 1951, son acheteur reçoit ce qui est nécessaire pour rouler, et presque rien de plus.

Face à la version Export, le Standard se reconnaît à son dépouillement. Le chrome a presque disparu, beaucoup de pièces sont simplement peintes. À l’intérieur, l’équipement se limite à l’essentiel, avec une planche de bord au nombre d’instruments vite compté. L’aération est assurée en 1951 par les « Rheumaklappen », deux volets découpés dans les flancs avant de la caisse, derrière les roues avant, qu’on entrouvre pour faire entrer l’air frais. Ils fonctionnent mieux l’été que le chauffage l’hiver. Le Standard se passe même de freins hydrauliques : il freine par câbles, une technique qui sentait déjà l’avant-guerre. À l’arrière, le quatre-cylindres à plat refroidi par air de 1,1 litre donne 25 ch. Il démarre à coup sûr, consomme peu et emmène quatre personnes avec leurs bagages. Le cahier des charges n’en demandait pas davantage.

Cet exemplaire a passé l’Inn en 1960 pour s’installer à Mattighofen, en Haute-Autriche, chez un ouvrier du cuir qui reste à ce jour son seul propriétaire enregistré sur l’homologation individuelle de l’époque. La photo de ce document montre qu’il portait déjà quelques chromes de la version Export. La sellerie en tissu, en revanche, est restée d’origine. En 1963, le moteur d’origine rend l’âme et cède sa place à un bloc identique, toujours en place et validé par le Land de Haute-Autriche. En 1975, la même administration l’autorise à conserver ses freins à câbles, alors qu’ils étaient interdits sur les voitures neuves. Il quitte la route un an plus tard.

Quelques années après, il entre dans une importante collection consacrée à BMW, dont il est la seule voiture d’une autre marque. Il n’est plus immatriculé, mais on l’a toujours fait tourner, et il tourne encore bien. Une révision soigneuse reste conseillée avant de le remettre en circulation.

Avec sa lunette arrière en deux parties, dite « bretzel », et sa finition Standard, cette Coccinelle est beaucoup plus rare qu’une Export de la même année. Elle raconte mieux que n’importe quelle version luxueuse ce qu’était une voiture particulière en 1951 : un luxe en soi.

Comptez de 25 à 35 000 €.

Châssis 1-0275492