Au début des années 1960, le groupe britannique Rootes dispose de nombreuses marques (Hillman, Singer, Humber ou… Sunbeam) occupant les différents segments du marché. En compétition, et notamment en rallye, c’est le roadster Sunbeam Alpine qui est chargé de défendre les couleurs du groupe face aux Triumph et MG concurrentes. Le marché américain est plutôt porteur, mais pourquoi ne pas tenter de conquérir le cœur des Italiens ?
Les dirigeants du groupe passent un contrat avec la Carrozzeria Touring, qui se chargera de construire sur place des Sunbeam Alpine et des Hillman Super Minx. Il est aussi décidé de développer un véhicule spécifique au marché transalpin, cette fois-ci capable de concurrencer les plus belles GT italiennes, dont les Lancia Flaminia et autres Alfa Romeo 2600, pas moins !
Livré au milieu de l’année 1962 à Rootes, le prototype de la Sunbeam Venezia (Venise en Italien) sur châssis d’Hilmman, avec le 4-cylindres Rootes de 1 592 cc, impressionne l’équipe dirigeant du groupe anglais, qui signe pour la production de 300 voitures (puis 250) prévues, il n’en sera finalement fabriqué que 145 exemplaires, quelques exemplaires étant exportés, dont 7 pour le marché britannique.
Dévoilé lors du salon de Milan le 9 septembre 1963, puis à Venise le 12 septembre suivant, la Sunbeam Venezia carrossée selon le procédé Superleggera, reçoit un bon accueil du public et de la presse. La ligne est réussie, la carrosserie use de la technique du superleggera et le moteur offre 88 Ch et un overdrive de série. Reste que le prix proposé pour acquérir une Venezia reste cher, équivalent à celui d’une Jaguar Mk2 2,4 litres, et plus chère que ses rivales italiennes, et autre ombre au tableau, la législation fiscale italienne change pour taxer plus lourdement les voitures puissantes, si bien que le contrat entre Rootes et la Carrozzeria Touring est réduit, fin août 1963, à 250 unités.
Construite à la main et, par conséquent, coûteuse et donc forcée de rivaliser sur le territoire de Jaguar, la Venezia à 1 400 £ allait toujours avoir du mal à se faire une place dans le monde réel. Après que les plans visant à introduire des versions décapotables et V8 ainsi qu’à transférer la production à Jensen à West Bromwich aient échoué, la Sunbeam Venezia s’avéra être un échec commercial, malgré la tentative d’exporter ce coupé sur d’autres marchés européens, et même au Royaume-Uni. C’est finalement la faillite de la Carrozzeria Touring, à la fin de l’année 1966, qui marque la fin de cette voiture, après 145 exemplaires unités produites, dont seulement sept destinés au marché britannique.
Comptez de 20 à 45 000 € pour ce modèle dont il ne reste qu’une trentaine d’unités survivantes…



























































