Officiellement lancée au Salon de l’Automobile de 1951 à Paris, la Frégate est la berline moderne haut de gamme proposée par la Régie Renault au lendemain de la guerre.
Comme de coutume à cette époque, les grands carrossiers ne tardent pas à se pencher sur son berceau afin d’en extrapoler des carrosseries plus exclusives, notamment des versions cabriolet. Ainsi, Ghia, Letourneur et Marchand, Mignot ou encore Chapron se prêteront à l’exercice.

La première présentation de la Frégate date de fin 1950. Renault l’expose enfin au salon de l’automobile en Octobre 1951 puis commence à la commercialiser à la fin de l’année. Ses lignes sont plus tendues que celles de sa contemporaine 4 cv et les ailes arrière restent superbement dessinées en relief. Le 4 cylindres de 1996 cc accède enfin à la modernité avec une culasse à soupapes en tête. Fiable mais pas vraiment un foudre de guerre, il développe 65 ch et suffit à mouvoir la grande berline nouveau fleuron de la marque au losange.

Renault songe bientôt à une extrapolation en cabriolet et fait appel à son carrossier privilégié en Italie, Ghia qui lui dessine un prototype appelé « Ondine » dont la ligne ressemble étrangement à la Karmann Ghia VW de la même époque. La presse automobile de l’époque est unanime : il faut que les plus grands carrossiers français se penchent sur le cas de la nouvelle berline. Pichon-Parat sera le premier dès 1952 à carrosser une Frégate en cabriolet deux portes. S’ensuivront les plus grands noms tels que Letourneur et Marchand, Mignot puis Henri Chapron.

Le carrossier de la rue Aristide Briand à Levallois s’intéresse au cas de la Frégate pour des transformations en coach deux portes puis en cabriolet de 1956 à 1959. Il en sera fabriqué 7 de trois types différents : La première version sur base de berline avec des ailes arrière de série, dont il sera fabriqué deux exemplaires. La seconde version avec des ailes arrière rondes à ailerons horizontaux qui sortira des ateliers en février 1957 et à destination du Congo Belge sera une version unique. La troisième étude avec des ailes arrière droites sera elle fabriquée en trois exemplaires. Elle se distinguait des précédentes par des ailes arrière droites, dans le prolongement de la ligne de caisse.

L’exemplaire présenté (châssis 3308332 ), qui porte le numéro Chapron 7353, est le dernier des trois, et ainsi que le confirme une lettre manuscrite de Madame Chapron, il fut commandé neuf le 12 juin 1959 par le PDG des Grands Garages Paul Bert à Auxerre, M. de Grandchamps, avant d’être immatriculé le 3 février 1961.

Moteur, boîte de vitesses Transfluide, trains roulants, électricité, chromes sont soigneusement remis en état, tandis que la carrosserie est décapée avant de recevoir une élégante peinture faite de deux tons de vert, nuance proposée par Chapron à l’époque.
La superbe sellerie en cuir reprend cette combinaison qui fait ressortir le tableau de bord peint en imitation bois, qui intègre, outre le bloc compteur, une superbe montre Jaeger 8 jours, un compte-tours, un autoradio Philips et la plaque Chapron. La capote doublée est quant à elle assortie à la carrosserie.

La qualité de la remise en état de cette pièce de collection exceptionnelle, probablement unique aujourd’hui, met particulièrement en valeur le soin qu’accordait Henri Chapron à ses réalisations sur-mesure.

Cette exceptionnelle auto (Châssis 3308332 – N° Chapron 7353) a été vendue 71 000 € en octobre 2022.