La Porsche 356 Zagato est une parenthèse très particulière dans l’histoire de la 356, à la croisée de la compétition, du carrossier italien et d’un programme de re‑création moderne.
À la fin des années 1950, le pilote français Claude Storez, spécialiste de la 356 en compétition, cherche une 356 encore plus légère et aérodynamique pour la saison 1958. Il commande à Porsche un châssis de 356 A Speedster Carrera (moteur 4 cylindres à plat « Carrera » GS, spécification compétition), qui est ensuite envoyé nu chez Zagato à Milan pour être carrossé.
Zagato réalise une carrosserie en aluminium très fluide selon son principe « Superleggera » (tubes fins + panneaux alu minces), dans l’esprit des Porsche 550 RS et 718 RSK, mais avec des lignes préfigurant les futures 356 Carrera Abarth GTL.
Le résultat est un Speedster biplace extrêmement léger et profilé, considéré comme la première Porsche carrossée par Zagato de l’histoire de la marque.

Storez engage la 356 Carrera Zagato en compétition en 1958 et la voiture se montre très performante, profitant de son poids réduit et de son aérodynamisme supérieur à celui d’une 356 de série.
En février 1959, Claude Storez se tue dans un accident de course ; la voiture est alors donnée comme détruite et aurait été ferraillée dans la foulée, ce qui en fait longtemps une légende disparue.

Marqué par cette Speedster spéciale, Porsche commande peu après à Zagato une étude de coupé fermé sur base 356, avec un objectif de masse à vide inférieure à 700 kg.
Les dessins de ce coupé 356 Zagato sont finalisés en 1959 mais ne seront jamais réalisés à l’époque, pour des raisons qui restent floues (priorités industrielles, coûts, programmes compétition déjà engagés).
Plus de cinq décennies plus tard, le projet revint à nouveau sur le devant de la scène. Andrea Zagato, désormais à la tête de l’entreprise familiale aux côtés de son épouse Mirella, entreprit la numérisation des archives historiques. Au cours de ce travail, l’équipe mit au jour des dessins originaux et des photographies tant du Speedster que du Coupé jamais construit.
Cette découverte donna naissance à l’idée de rééditer les deux modèles dans une série très limitée, dans le cadre du nouveau programme « Sanction Lost ». Porsche fut officiellement contacté et donna son accord pour la poursuite de l’utilisation du logo de la marque, à la condition que des châssis de 356 d’origine servent de base.
Cette collaboration éphémère fait le lien entre la 356 « classique » et les 356 Abarth GTL, autres Porsche à carrosserie italienne, toutes pensées pour l’endurance et l’aéro.
Les re‑créations modernes, très proches de l’auto de Storez mais fabriquées récemment, sont aujourd’hui vues comme des objets de collection ultra‑confidentiels, mêlant authenticité mécanique Porsche et savoir‑faire artisanal Zagato.
Au total, neuf Speedster et neuf Coupé furent produits, chacun reposant sur un châssis soigneusement restauré.
Ce speedster (Châssis 113666) a été adjugé 472 500 $ en mars 2022 à Amelia Island, Floride.
Ce coupé (Châssis 117289) a été adjugé 426 875 £ (489 510 €) en novembre 2021 à Londres.
Ce coupé (Châssis 111937) a été vendu 445 000 € en avril 2025 à Costa Mesa, Californie.











































































































































































































