La 504 berline est lancée fin 1968, berline moyenne supérieure destinée à succéder à la 404 et à tenir tête notamment à la Renault 16, avec un 1,8 l moderne et un comportement routier très abouti. Dès le printemps 1969, Peugeot décline ce socle en coupé et cabriolet, positionnés haut de gamme et confiés, comme la 404 C, au styliste et carrossier italien Pininfarina.

Ces versions 2 portes visent clairement une clientèle plus aisée et internationale, qui veut une voiture de voyage plus chic que sportive pure, dans la lignée des coupés italiens de l’époque. Pour cela, Peugeot accepte de laisser Pininfarina aller beaucoup plus loin que la simple adaptation de la berline : le coupé 504 aura sa propre identité.

Contrairement aux 403/404 dérivées très près des berlines, Pininfarina obtient pour la 504 Coupé une carrosserie quasi spécifique, seulement basée sur la plate-forme de la berline raccourcie. L’empattement passe de 2,74 m à 2,55 m, tandis que la voie arrière est élargie, ce qui permet des proportions plus ramassées et un arrière plus assis.

La signature visuelle des premiers millésimes, dont le modèle 1971, tient dans le regard à double phare séparé et la calandre chromée fine, très différente du masque de la berline. Le flanc reprend le fameux dièdre typique Pininfarina de la période, avec des surfaces lisses et un pavillon tendu, mais conserve quatre vraies places grâce à une ligne de toit soigneusement dessinée. À bord, le tableau de bord est spécifique, plus raffiné que celui de la berline, avec une présentation et des matériaux alignés avec le positionnement GT.

En 1971, le coupé abandonne le 1,8 l des toutes premières années pour passer au deux litres à injection, qui va devenir l’archétype de la 504 Coupé  » quatre cylindres « . Il s’agit d’un 4 cylindres en ligne de 1 971 cm³, injection, 8 soupapes, monté longitudinalement à l’avant, dérivé du bloc de la berline mais optimisé pour plus de couple et de souplesse.

Les performances annoncées sont de l’ordre de 179 km/h en pointe pour les versions à boîte mécanique, avec un 0‑100 km/h autour de 11‑12 s selon configuration. En gabarit, le coupé mesure environ 4,36 m de long, 1,70 m de large et 1,34 m de haut, ce qui en fait une GT assez compacte par rapport à la berline.

La 504 Coupé 2,0 l de 1971 reste fidèle à l’esprit Peugeot : compromis poussé entre confort et tenue de route, plus que performances brutes. Le train arrière indépendant, associé à une suspension confort, donne un comportement beaucoup plus moderne que la 404, sans sacrifier la capacité à encaisser les mauvais revêtements.

À l’intérieur, le dessin spécifique du tableau de bord, l’instrumentation complète et la finition soignée visent un niveau  » bourgeoise chic  » plutôt que sportive dépouillée. Le coupé conserve quatre vraies places, ce qui en fait une voiture de voyage familiale possible, là où beaucoup de coupés contemporains sacrifient totalement l’habitabilité arrière. Le 2,0 l injection offre une conduite souple, avec assez de couple pour exploiter la voiture sur route et autoroute, mais sans caractère sportif tranché ; les amateurs de performances pures devront attendre le V6 PRV de 1974.
La 504 Coupé sera produite de 1969 à 1983, avec plusieurs grandes phases : double optique et feux arrière à trois barrettes jusqu’en 1974, nouveau masque à phare monobloc à partir de 1975, puis gros pare‑chocs en plastique à la fin (1980‑1983). L’arrivée du V6 PRV 2,7 l en 1974 repositionne le haut de gamme avec 136 puis 144 ch, tout en conservant les quatre cylindres 2,0 l en entrée de gamme.

Quarante ans après la fin de production, le dessin signé Pininfarina et l’équilibre des lignes font de la 504 Coupé – en particulier les premiers modèles à double optique comme le millésime 1971 – une icône du design français à forte coloration italienne. Sur le marché de la collection, les exemplaires 2,0 l sont prisés pour leur élégance, leur facilité d’usage et leur coût d’entretien plus raisonnable que les V6.

Ce coupé 504 à moteur 2L injection et boîte manuelle est tout simplement exceptionnel. Il a été acheté neuf le 28 janvier 1971 par un agent de cycles Peugeot de Haute-Savoie auprès du concessionnaire d’Annecy, ainsi qu’en témoignent le bon de commande et la facture d’achat d’origine. Commandée de couleur  » Blanc Arosa  » avec intérieur en drap marron, elle est restée entre les mains de son premier propriétaire jusqu’en 2012 ! Le dossier d’entretien de la voiture permet de suivre l’évolution de son kilométrage jusqu’aux 29 264 km affichés au compteur lors de notre examen, corroborés par l’état du véhicule. Très saine, avec un bon alignement des ouvrants, et des soubassements dans un état rare, la carrosserie a été repeinte dans sa teinte d’origine, tandis que la sellerie a été conservée d’origine. On note au passage le beau tableau de bord à compteurs ronds qui disparaîtra sur les versions ultérieures. Chaussé de pneus Michelin de 2017 dans un état proche du neuf, ce superbe coupé est accompagné de son barré rouge d’origine, de son manuel d’entretien et de conduite, et de son carnet d’entretien. Comme toute voiture préservée avec soin, on trouve même la boîte d’ampoules spécifique au modèle dans la boîte à gants et la façade retirée pour y placer un autoradio cassette Philips. Il s’agit assurément d’un des plus beaux exemplaires d’origine présents sur le marché.

Cet exemplaire (Châssis & Moteur 1220216) a été adjugé 32 508 € en septembre 2025 à Vernon.