L’histoire de cet intriguant Roadster débute à l’aube des années 1950, dans une ruelle bordelaise abritant le garage du concessionnaire du coin, un certain Jacques Calès… Ce passionné de compétitions automobiles préparait à l’époque sa propre barquette, avec des pièces de Simca 8, pour prendre part aux quelques Grand Prix du coin.

C’est notamment le cas au Grand Prix de Bressuire 1953, où le roadster est engagé en catégorie sport sur une Simca Sport Spéciale 1 090 cc. Nous retrouvons la barquette en 1964 chez Firmin Dura, carrossier de la concession Peugeot de Dax, sous la forme d’un châssis tubulaire animé (désormais) par un moteur de 203 préparé, et doté d’un train avant, d’un pont arrière et de suspensions d’origine Simca.

La barquette Calès venait alors de terminer ses aventures en compétition, et réclamait une nouvelle carrosserie. Firmin Dura terminera donc ce travail, déjà entamé par Henri Rignault. Notre élégant Roadster sort de cet atelier de couleur rouge avec une bande noire. Sa ligne est directement inspirée des chefs d’oeuvre italiens ; on y trouve surtout une grosse ressemblance avec les travaux de Frua, ayant donné naissance à une légende disant que c’est le maitre italien qui aurait dessiné cette auto pour Henri Rignault…

Elle sera vendue dans les Alpes-Maritimes, avant d’atterrir chez un collectionneur lyonnais, puis chez le propriétaire actuel, important collectionneur Peugeot. Aujourd’hui, la voiture se présente avec une patine somptueuse. Sa mécanique porte encore les traces des préparations typiques des années 1950 : culasse avec grosses soupapes et pipe d’admission Constantin, carburateur Solex double-corps, échappement Darl’Mat, bloc réalésé à 1 460 cc…

Une fois en marche, la sonorité du 4-cylindres est envoutante. En enclenchant le 1er rapport (en bas à droite, la boîte de vitesses est encore celle d’origine 203, avec ici le levier au plancher à commande inversée), la voiture part et prend les tours avec vigueur. C’est une vraie sportive, amusante à conduire avec un train arrière ultra-léger et joueur.

Ce Roadster est finalement à mi-chemin entre les trois plus beaux mondes : la pièce de bravoure d’un carrossier talentueux, la barquette de course née du génie d’un sorcier des années 1950, et le Roadster idéal pour profiter de l’été comme il se doit.

Cette auto unique (Châssis 12725433) est estimée 80 000 €.

203 Martin, 203 Darl’ Mat, 203 Barbier et 203 Calès