Si l’Aurelia B50 Pinin Farina Cabriolet a fait ses débuts aux côtés de la B10 Berlina et partage le même groupe motopropulseur, le cabriolet diffère de la berline sur plusieurs points : il est construit sur un châssis allongé de 114,6 pouces d’empattement et adopte différents raffinements voulus par Pinin Farina par rapport à la berline monocoque solide, bien conçue mais plus spartiate.
A l’instar d’autres autos de cette époque, l’Aurelia Pinin Farina Cabriolet symbolise la transition entre l’ère du sur-mesure propre aux automobiles de carrossier et celles de série. Elle a donc fait l’objet d’une commande spéciale avant d’être fabriquée à la main par Pinin Farina, avec une finition et des garnitures personnalisées, chaque auto étant ainsi différente des autres au niveau des finitions, des accessoires voire, pour certaines d’entre elles, de la motorisation plus poussée ou du châssis basé sur la B52.
La Lancia Aurelia frappe les esprits en 1950 par son nouveau moteur, un V-6 de 1754 cc à soupapes en tête, construit avec un bloc et des culasses en aluminium. Précisons que le premier V6 de série au monde développe alors 56 chevaux à 4.000 tours / minute.
La suspension de l’auto est indépendante aux deux extrémités – via des piliers coulissants à l’avant, et des bras semi-traînants à ressorts hélicoïdaux à l’arrière. L’auto est à propulsion arrière et est équipée d’une boîte de vitesses à quatre rapports montée à l’arrière avec le différentiel. Enfin, les freins sont à tambour, ce qui tend à devenir la norme en 1950.
Autre innovation majeure, l’Aurelia est chaussée du premier pneu radial au monde, le Michelin X.
La carrosserie est assez typique des années 50, imposante mais ayant su garder une certaine légèreté grâce à un usage subtil des chromes et une peinture d’une seule teinte. La calandre droite entourée de feux Marchal bien intégrés au dessus des prises d’air avant est également typique du début des années 50. Le capot, étroit à l’avant est particulièrement élégant en épousant la forme des ailes.
L’intérieur est joliment fini avec quatre vraies places mêlant cuir marron des sièges et différents équipements raffinés. Ainsi, pour monter à bord, il faut appuyer sur un bouton qui libère une poignée en boucle encastrée. L’ambiance à bord est une véritable plongée dans le temps avec son tableau de bord très graphique, le volant cerclé, les cadrans art déco chromés, les voyants verts, des touches de chrome.
La voiture bien suspendue et équipée des pneus radiaux est parfaitement adaptée à une conduite de type « cruising ». Naturellement le conducteur doit se jouer des contraintes de l’époque, en particulier les freins tambours peu endurants si on les sollicite trop, un poids important et une vitesse de pointe n’excédant pas les 120 km/h. Enfin, l’absence de radio est agréablement compensée par la sonorité du V6 équipée d’un seul carburateur.
Si elle n’a pas la renommée des Aurelia B20GT ni celle du B24 Spider America, l’Aurelia B50 cabriolet Pinin Farina est attachante de par sa rareté, son luxe, sa discrétion et son côté daté voire un rien désuet propre aux autos qui ont été lancées au tout début des années 50.
Savoir qu’elle n’a jamais été restaurée a fait de cette découverte un instant de grâce, elle reste ainsi un véritable témoignage du passé.
265 exemplaires de L’Aurelia B50 ont été construits.
Cet exemplaire (Châssis ) a été vendu 75 000 €.
Cet exemplaire de 1950 (Châssis B50 1159) est estimé entre 150 et 20 000 $.

































































