La Hotchkiss Grégoire Cabriolet est une version rare et luxueuse de la berline Hotchkiss-Grégoire, produite en collaboration avec l’ingénieur Jean-Albert Grégoire et carrossée par Henri Chapron. Présentée au Salon de l’Auto de 1953, elle fait partie d’une série limitée de seulement 7 exemplaires, au sein des 247 Hotchkiss-Grégoire totales fabriquées entre 1951 et 1954.
Le prototype Grégoire R, dévoilé en 1947 au Salon de Paris, inspira le projet grâce à ses innovations comme la structure en aluminium coulé (Alpax), la traction avant et les suspensions indépendantes à flexibilité variable. A l’été 1949, la société Hotchkiss signe avec Jean-Albert Grégoire le contrat pour la mise en fabrication par la firme de Saint-Denis du prototype Grégoire R, qui incarne l’avenir – avec un grand A – de la firme en matière de construction automobile. Malheureusement, l’industrialisation du projet se révèle plus longue que prévu. Plus grave, elle se déroule sans une étude sérieuse du prix de revient de la voiture, pour laquelle il est largement fait appel à la sous-traitance. Vendue 1 800 000 F, elle est à peine rentable… C’est l’annonce d’un désastre qui amènera à la faillite de l’entreprise…
La Hotchkiss Grégoire Cabriolet reprenait le châssis monocoque en alliage léger, un moteur 4 cylindres à plat de 2,188 cm³ développant 70-80 ch à 4 000 tr/min, une boîte manuelle 4 rapports et une transmission aux roues avant avec joints homocinétiques Tracta. Les suspensions indépendantes sur doubles triangles avec ressorts hélicoïdaux offraient une tenue de route exceptionnelle (Vmax ~145 km/h, poids ~1 080 kg), tandis que les freins à tambours et la direction à crémaillère complétaient l’ensemble. Dimensions : longueur 4,19-4,65 m, empattement 2,515 m.
Seuls 7 cabriolets furent réalisés en 1953 par Henri Chapron, avec des numéros de châssis spécifiques (672, 703, 704, 715, 723, 724, 744), aux côtés de 7 coaches et 233 berlines. Leur prix dépassait 1 800 000 francs, rendant la commercialisation difficile dans un contexte post-guerre où les clients préféraient des modèles plus abordables. La production s’arrêta en 1954 après la fusion Hotchkiss-Delahaye et le limogeage des soutiens de Grégoire, causant des pertes financières massives (1 million de francs par véhicule). Grégoire tentera plus tard la Grégoire Sport, un cabriolet dérivé, sans plus de succès commercial.
Trop en avance sur son époque avec son aérodynamisme et sa faible consommation (~9-14 L/100 km), ce cabriolet reste un collector prisé, symbolisant les rêves d’ingénieur de Grégoire qui influença des modèles comme la Panhard Dyna X.
Comptez 80 000 € pour cet exceptionnel exemplaire (Châssis 672, le premier des 7) original et en grande partie non restauré.



























































































