La législation gouvernementale avait effectivement tué les quelques constructeurs automobiles de luxe survivants en France après la Seconde Guerre mondiale, mais cela n’a pas découragé le patron de Facel, Jean Daninos, dans sa tentative audacieuse de faire revivre ce qui avait été autrefois une grande tradition automobile française sous la forme de la Vega. Une luxueuse Grande Routière, la Vega était dotée d’une carrosserie de coupé extrêmement élégante soudée à un châssis en acier tubulaire. N’ayant pas de moteur français approprié, Daninos s’est tourné vers les États-Unis. Le moteur choisi initialement était le V8 de 4,5 litres de 180 ch de Chrysler, tandis qu’il y avait un choix de transmissions automatiques à bouton-poussoir ou manuelles à quatre vitesses Pont-à-Mousson.

Les améliorations apportées au premier modèle FV ne tardèrent pas à arriver, la FV1, introduite en mars 1955, avec un empattement allongé pour augmenter l’espace aux places arrière et un V8 Chrysler de 4,8 litres de 200 ch. Introduite plus tard la même année, la FV2 était dotée d’un pare-brise enveloppant et d’un tableau de bord en métal « trompe-l’œil » peint à la main pour ressembler à du placage de bois de ronce.
La puissance maximale est passée à 250 ch, passant à 285 ch sur la FV2B de 1956. La disponibilité des moteurs Chrysler a imposé une baisse de puissance à 200 ch sur la FV3 restylée, une étape rétrograde qui a été corrigée par un passage à un V8 de 301 pouces cubes (4,9 litres) de 253 ch pour 1957 sur la FV3B légèrement redessinée. Malgré l’ajout du FV4 de 5,8 litres à la gamme pour 1958, les FV3 et FV3B ont continué à être disponibles. La production totale de voitures de la série FV s’est élevée à 357 unités.

Cette rare FV3 (Châssis FV3 57 199) fut livrée le 17 avril 1957, année au cours de laquelle la production annuelle de Facel, qui avait augmenté de manière constante mais sans éclat, atteignit les sommets vertigineux d’environ 118 voitures. Elle est l’une des 23 exemplaires produites avec une transmission manuelle.

Adjugée 145 000 € en février 2024 à Paris.