Pendant plusieurs années, aucune voiture européenne n’égala la qualité de conduite de la DS, la solidité fondamentale de la suspension hydropneumatique Citroën, en avance sur son temps, étant démontrée par sa survie dans les modèles haut de gamme jusqu’au début de cette année. Le moteur d’origine de 1 911 cm3 à soupapes en tête et à longue course de la DS fut remplacé en 1966 par un moteur à course courte de 1 985 cm3, également disponible en versions 2 175 cm3 et 2 347 cm3, tandis que d’autres développements de la DS comprenaient des phares pivotants, l’injection de carburant et une boîte à cinq rapports.
D’autres modèles proposés aux côtés de la DS d’origine étaient l’ID (une version simplifiée et moins chère), le vaste break Safari et le Décapotable deux portes (cabriolet), ce dernier bénéficiant d’une carrosserie signée Henri Chapron. (Les premiers cabriolets de Chapron avaient été produits indépendamment de Citroën, mais l’usine a finalement donné son feu vert au projet). Les Décapotables homologuées par Citroën étaient construites sur le châssis plus long et plus solide de l’ID Break avant d’être envoyées chez Chapron pour être finalisées.
Henri Chapron avait commencé sa carrière dans l’industrie automobile comme apprenti tapissier, travaillant pour divers carrossiers de la région parisienne. Chapron s’installa dans des locaux plus grands à Levallois-Perret en 1923 et devint le constructeur officiel des modèles de carrossiers et de cabriolets pour Delage et Delahaye, pour ensuite carrosser bon nombre des automobiles françaises et européennes les plus élégantes de l’entre-deux-guerres.
L’arrivée de la Citroën DS en 1955 offrit à Chapron une nouvelle opportunité qui allait associer son nom à jamais à cette voiture remarquable. Au total, 1 365 cabriolets d’usine furent fabriqués avec le moteur DS19 ou DS21 entre 1960 et 1971, tandis que Chapron en construisit 389 autres, le dernier au milieu des années 1970.
Cette DS19M est présentée dans une ravissante robe Blanc Carrare avec un intérieur en cuir Bordeaux, exactement comme elle a été livrée neuve en France cette année-là. Selon l’archiviste du club ID/DS Citroën néerlandais (et ancien propriétaire de la voiture), il s’agit du premier « Cabriolet Usine » construit pour l’année 1964, arrivé fin 1963 dans l’atelier Chapron. De plus, il s’agit de l’une des 122 Citroën DS19M Décapotable construites. La #8617 a quitté Chapron en février 1964 pour être livrée à Citroën en vue de sa commercialisation. Parmi les accessoires spéciaux notables (qui ne sont pas d’origine), citons des phares antibrouillard supplémentaires, une radio FM Continental Edison et des enjoliveurs diamant Robergel qui auraient été installés par le premier propriétaire. Ce dernier serait l’épouse d’un concessionnaire Berliet de la région de Dijon.
Entre 1978 et 1997, la DS appartenait à un certain M. Dusapin à Bougival, et on sait qu’elle a eu plusieurs autres propriétaires par la suite en Bourgogne. Depuis 2000, la voiture réside aux Pays-Bas et en 2002, elle a été achetée par l’archiviste du club néerlandais Citroën ID/DS, M. Coenen, qui a assisté à de nombreux événements du club avec cette belle DS Cabriolet d’origine. Il a conservé la voiture pendant environ 17 ans avant de la transmettre au propriétaire actuel, un autre passionné de Citroën et mécanicien spécialisé néerlandais.
Cette voiture est très originale et dans la correspondance, elle est qualifiée de « non restaurée », bien qu’il soit plus juste de la considérer comme restaurée avec sympathie en ce qui concerne l’intérieur, la carrosserie et la peinture. Le moteur, bien sûr, a toujours été entretenu et le système hydraulique a changé du liquide rouge LHS, moins fiable, au liquide vert LHM. En tant que spécialiste Citroën, le propriétaire actuel s’est occupé de l’entretien mécanique de sa voiture et confirme qu’elle est en excellent état de marche.
Cette auto (Châssis no. 4407046) a été vendue 253 000 € en octobr e2022 à Knokke-Heist, Belgique.


































































