La Bristol 404 était une voiture de luxe produite par le constructeur britannique Bristol Cars entre 1953 et 1955. Elle succédait à la Bristol 403 et était considérée comme l’une des voitures britanniques les plus raffinées et les plus élégantes de son époque. En 1954, la Bristol 404 était encore une voiture relativement nouvelle, et elle était très recherchée par les amateurs de voitures fortunés. Pour la motorisation, Bristol utilisait des moteurs BMW à six cylindres en ligne qui développaient soit 105 ch, soit 125 ch.

Dans les années cinquante, la marque Bristol était une nouvelle venue sur la scène automobile et elle ne pouvait donc encore, à cette époque, s’offrir le luxe de se passer de toute publicité, comme elle le fera par la suite. Ainsi, au lancement de la 404, la firme fit édité un catalogue qui décrivait le nouveau modèle en ces termes : « Un coupé non décapotable à deux places, à lignes aérodynamiques développées, le modèle 404 est conçu exclusivement pour répondre aux besoins de l’acquéreur qui désire une automobile plus petite, et à performance plus grande que le modèle 405 à quatre portes et légèrement plus lourd … La surface de la route est visible à très peu de distance à l’avant du pare-chocs. Pour permette de prendre des passagers de plus de temps à autre, une tapisserie auxiliaire est prévue dans le compartiment arrière … Cette automobile prend des virages d’une façon que l’on associe habituellement aux voitures de course et c’est cette qualité qui permet à la 404 d’être conduite tout à fait normalement et en parfaite sécurité à des vitesses considérablement plus élevées que celles de l’automobile rapide moyenne. »

Beaucoup plus court et aussi plus élancé que ses devancières, la nouvelle 404 consacre l’évolution amorcée chez Bristol au début des années 50. Avec sa calandre qui n’est pas sans évoquer fortement le réacteur d’ un avion de chasse, comme sa ligne à l’aérodynamisme très travaillé, étudié en soufflerie (Le dessin de la poupe a d’ailleurs été inspiré par celui de la Bristol 450 de compétition), ce nouveau coupé ne fait pas mystère de ses prétentions sportives. Son empattement fort court induit toutefois un habitacle assez exiguë qui destine la voiture à une clientèle résolument sportive, alors que ses devancières, elle, par leurs lignes comme par l’ espace intérieur qu’elles proposaient, elles, étaient plus orientées vers le grand tourisme. Une autre de ses caractéristiques marquantes est l’emplacement de la batterie et de la roue de secours, qui se trouvent placées dans les flancs de la voiture, entre les passages de roues et les portières. En cas de besoin, celles-ci sont accessibles par des trappes à l’extérieur. Très pratique, et permettant ainsi d’occuper un espace le plus souvent laissé vide sur les autres voitures, cette disposition deviendra ensuite une caractéristique commune à toutes les Bristol, jusqu’ à l’arrêt de la production de la Blenheim III au début des années 2010. Son arrivée coïncide d’ailleurs avec le souhait de Bristol de se lancer dans le grand bain de la compétition (Une ambition matérialisée par la présentation de la 450, qui, malgré quelques victoires décrochées, ne sera jamais vraiment à la hauteur des espérances des dirigeants de la marque. Celle-ci décidant finalement de se retirer définitivement de la course automobile après la catastrophe survenue au Mans en 1955). Stricte deux places, rapidement surnommée « businessman express » par les amateurs de conduite sportive, est animée par une nouvelle version du moteur deux litres qui développe ici 127 chevaux, ce qui autorise à la nouvelle Bristol une vitesse de pointe de 180 km/h. En France, la voiture est vendue par André Chardonnet au prix de 3 500 000 F (Soit plus qu’une Delaye 235 ou qu’ une Jaguar XK 120 et autant qu’une Aston Martin DB2).

Une histoire intéressante concernant la Bristol 404 de 1954 implique un diplomate britannique du nom de Sir Christopher Steel.

Sir Steel était alors ambassadeur du Royaume-Uni au Liban et se déplaçait dans sa Bristol 404 à travers la campagne libanaise lorsqu’il a été arrêté par un groupe d’hommes armés. Ces hommes étaient membres d’une milice locale et étaient connus pour leur hostilité envers les étrangers. Ils ont exigé que Sir Steel et son chauffeur sortent de la voiture, mais Sir Steel a refusé d’obtempérer.

Au lieu de cela, il a fait tourner le moteur de la Bristol 404 et a accéléré en direction du groupe d’hommes armés. Les hommes se sont dispersés et Sir Steel a pu se mettre en sécurité. Ce dernier était suffisamment puissant pour propulser le véhicule léger à une vitesse de 119 mph (191, 5 km/ h), ce qui était extrêmement élevé pour l’époque. L’incident a fait les gros titres de la presse britannique et a contribué à asseoir la réputation de la Bristol 404 en tant que voiture de luxe puissante et fiable.

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