À la fin des années 50, Ferrari eut l’idée de créer une GT plus petite et plus abordable, devenue réalité en 1959. Enzo Ferrari l’utilisa personnellement afin de la tester, sous l’immatriculation Prova M031, avant qu’une seconde version ne soit présentée sur le stand Bertone au Salon de Turin 1961. Sous la désignation “1000”, le dessin fut réalisée par Giorgetto Giugiaro, et le moteur, un 4 cylindres de 1032cm3 bénéficiait d’une conception typique de Ferrari, l’ensemble se présentant à peu de chose près comme les 2/3 d’un banc de 250 GT. Le prototype ne portait aucun logo et il devint certain que Ferrari ne souhaitait finalement pas aposer son nom dessus. Et c’est en effet Niccolò de Nora, fils d’un important industriel milanais et client de la marque, qui acquit les droits en vue de fabriquer et commercialiser la 1000.

Il créa alors la société ASA (Autocostruzioni, Società per Azioni) et le prototype de production fut présenté au Salon de Turin 1962 sous l’appellation ASA 1000 GT – souvent surnommée « Baby Ferrari ».

Son histoire mêle ambition technique et échec commercial rapide.

Le projet débute chez Ferrari en 1958 avec un moteur 4 cylindres de 850 cm³, réalésé à 1032 cm³ pour la 1000 GT, développant 91 ch. Giotto Bizzarrini conçoit un châssis tubulaire léger inspiré de la 250 GTO, carrossé par Bertone. En 1962, Ferrari vend les droits à Oronzo de Nora, qui fonde ASA pour produire cette « Ferrarina » au Salon de Turin.

Présentée à Genève en 1963, la version Spyder reçoit une carrosserie en fibre de verre par Linea Moderne à Turin, visant un public plus large. Plus légère de 100 kg et agile, elle conserve le moteur Ferrari mais souffre d’un prix élevé dû aux coûts de production (châssis, moteurs, assemblage).

En 1964, l’ASA 411 passe à 1092 cm³ et 104 ch. En 1966, la RB613 Spyder « Targa » avec barres anti-roulis et moteur 6 cylindres 1290 cm³ (124 ch) est engagée aux 24 Heures du Mans, sans succès notable. Seulement une douzaine de Spyder sont produites au total.

Malgré des performances prometteuses, les coûts prohibitifs limitent la production à environ 120 coupés et 12 Spyder. ASA fait faillite en 1967, marquant la fin prématurée de cette petite GT au potentiel sportif inexploré.

Comptez de 140 à 190 000 €.

 

Cet exemplaire (Châssis 11010) a été adjugé 209 000 $ en 2021 à Mo,terey, USA.