La Renault Dauphine Ferlec représente une innovation technique majeure dans l’histoire de cette icône automobile française des années 1950-1960. Lancée en 1957, un an après le début de production de la Dauphine en mars 1956, cette boîte de vitesses semi-automatique sans embrayage visait à simplifier la conduite pour un public familial et populaire.
La Dauphine, issue du projet 109 pour succéder à la 4CV, a été produite à plus de 2,1 millions d’exemplaires jusqu’en 1967, principalement à Flins et Billancourt. Renault introduit le Ferlec pour répondre aux critiques sur la boîte manuelle à 3 rapports, jugée trop rustique malgré le succès commercial initial (meilleure vente en France de 1957 à 1961). Cette transmission électromagnétique automatisait les changements de vitesse via un levier au tableau de bord, sans pédale d’embrayage, une première pour une voiture populaire.
Le système Ferlec utilise un embrayage à commande électromagnétique et un mécanisme semi-automatique à 3 rapports, activé manuellement mais sans effort sur l’embrayage. Il simplifie la conduite en ville, mais souffre de fiabilité limitée : surchauffe fréquente et usure prématurée, rendant la maintenance coûteuse pour l’époque. Des évolutions en 1958 et 1959 améliorent le faisceau électrique et le boîtier de commande, sans éliminer les défauts inhérents.
Le conducteur sélectionne les rapports (1, 2 ou marche arrière) via un levier au tableau de bord, qui active un électro-aimant pour engager mécaniquement la vitesse choisie. L’embrayage, également électromagnétique, se déclenche automatiquement lors des changements, éliminant le besoin de pédale, mais nécessite un bref arrêt du véhicule pour passer la marche arrière.
Moins de 10% des Dauphine en bénéficient, car le surcoût et les pannes rebutent les acheteurs modestes. Malgré cela, la Dauphine Ferlec contribue à l’image innovante de Renault, exportée même aux États-Unis (où la Dauphine échoue commercialement pour d’autres raisons). Son héritage reste limité : remplacée par des boîtes plus fiables sur les R8 et R10, elle illustre les ambitions techniques audacieuses mais imparfaites de la Régie.
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